Commentaire : Ces morts et fantômes qui nous hantent

Commentaire : Ces morts et fantômes qui nous hantent
La nomination d’un général défunt à un poste de commandement en zone opérationnelle défraie la chronique en RDC et particulièrement sur les réseaux sociaux. Les congolais qui ne manquent pas d’humour malgré leurs conditions de vie rudes en ont rajouté une couche.

Et désormais le mort de Fatshi nommé se décline à toutes les sauces. Une mystérieuse association virtuelle a déjà vu le jour sur les réseaux sociaux, APMC (Association des personnes mortes au Congo).

D’un sarcasme caustique, l’association « remercie le chef de l’Etat pour avoir nommé l’un de leurs au nom du général Floribert Kisembo mort depuis 2011 à la tête des opérations militaires à l’Equateur ». Ce message d’outre-tombe poursuit : « Pour la première fois qu’un président a pensé à cette communauté souvent oubliée, cela montre que le président actuel est prêt à travailler avec tout le monde pour une vision globale qui va aider le pays dans son émergence ».

Depuis  le départ du Maréchal Mobutu, ses successeurs au pouvoir ont eu chacun ses morts et/ou fantômes nommés. Laurent Désiré Kabila a déjà nommé au gouvernement quelqu’un que l’on n’a jamais vu. Joseph Kabila n’a pas échappé à la hantise de ces morts et fantômes.

Editorial de KILEBA POK-A-MES: Et les vivants s’en remettent aux morts

En janvier 2018, il avait nommé, à Katako-Kombe au Sankuru, un administrateur de territoire adjoint en charge des questions politiques et administratives, Albert Opango Somo, déjà décédé depuis une année.

Cinq ans plus tôt, en 2013, le même Joseph Kabila avait fait preuve de la même incurie en nommant au TGI Gombe le juge Mbongo Matadi lui aussi déjà mort et enterré. Sur ce registre, l’épisode le plus mélodramatique est celui du ministre du Commerce extérieur, Kasongo Ilunga, nommé sous Gizenga. Un vrai fantôme que Me Kisimba Ngoy, président de l’Unafec avait refilé au patriarche du PALU.

Kasongo Ilunga que personne n’avait jamais vu, sauf son créateur Kisimba Ngoy avait, semble-t-il, démissionné « pour convenance personnelle » dès le lendemain de sa nomination. Ce qu’Antoine Gizenga n’accepta pas, exigeant que ce soit « Yandi kaka » (seulement lui, pas quelqu’un d’autre). La supercherie de Kisimba Ngoy fut mise au grand jour, lui qui tenait à tout prix à se faire nommer sur la liste de son parti politique.

De régime en régime, la RDC est pleine de ces morts et fantômes qui viennent se disputer le peu d’emplois que les vivants n’arrivent même pas à trouver.

K.P