Réalisateur à la RTNC, Discover Mpongo, victime de la réplique pluvieuse de Matadi Kibala

Réalisateur à la RTNC, Discover Mpongo, victime de la réplique pluvieuse de Matadi Kibala

Une semaine après la pluie diluvienne qui s’est abattue sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa, Mont Ngafula reste la commune la plus touchée de toute la capitale. On y compte plus de 50 morts et d’énormes dégâts matériels. Elle peine à se dépouiller de son robe funèbre qu’elle a revêtue depuis la nuit de lundi à mardi 13 décembre. The Post a rencontré dans la cité périphérique de Matadi Kibala, l’une de ces nombreuses victimes. Discover Mpongo, réalisateur à la Radio Télévision Nationale Congolaise, RTNC.

 » J’ai vu ma maison s’écrouler de mes propres yeux« , témoigne Discover.  » Le lundi lors qu’il pleuvait, nous étions tous en famille à la maison, moi, ma femme et nos enfants. J’ai entendu un fort tonnerre. J’ai ouvert la porte pour voir, et j’ai vu les gens en bas avec des torches. De là où je me tenais, on pouvait bien entendre le son de la pression de l’eau de la pluie qui se déversait. Du coup, je suis retourné dans la maison pour faire savoir à ma femme que la pluie commençait déjà à faire des dégâts« . Et Mpongo et son épouse sont sortis de la maison pour vivre les dégâts.

« Une fois dehors avec Madame, mon intuition me poussait toujours de regarder derrière moi. lorsque j’ai tourné mon regard, j’ai vu un éclairage à l’endroit où j’avais toujours l’habitude de voir des arbres et les maisons. C’était alors les parcelles voisines qui ont été emportées par l’érosion. et j’ai dit à ma femme de faire sortir vite les enfants de la maison« , raconte Discover. Mpongo et toute sa maisonée sont sorties sains et saufs du drame de la nuit de lundi à mardi 13 décembre, et ont trouvé refuge ailleurs. Pour le réalisateur , « c’est Dieu qui nous a épargnés« .

Mais il semble que le flot n’était pas totalement passé. Discover et sa famille ont été rattrapés par la pluie du mercredi 14 décembre. « Le matin de même mercredi là, nous étions allés avec Madame chercher une nouvelle maison auprès des commissionnaires à l’UPN. Malheureusement nous n’avions pas trouvé une qui correspondait à notre choix », poursuit Discover. Nous sommes rentrés à la maison avec Madame afin de réfléchir davantage sur les garanties locatives. Mais elle devait rejoindre les enfants là bas en haut chez ma mère« . De son côté, Discover continuait d’emballer leurs affaires pour le déménagement. « Il commençait déjà à pleuvoir. J’étais allé prendre le seau dehors à la douche. A mon retour, j’ai voulu ouvrir la porte, elle ne s’ouvrait pas. j’ai essayé à plusieurs reprises, sans succès, la porte restait toujours bloquée. Du coup, j’ai entendu un fort bruit chez le voisin. Je suis allé pour voir, c’était leur salon et l’annexe qui s’étaient écroulés. Je suis revenu pour forcer la porte à s’ouvrir, malheureusement tous mes efforts ne sont restés vains. Et j’ai entendu une fois de plus un fort bruit. V’est le mur qui nous sépare avec notre voisin qui s’écroulait« . Dans les deux minutes qui suivent, c’était la maison de Discover Mpongo qui s’écroulait. « J’étais en culotte et en gilet de presse. j’ai tout perdu sauf ma voiture que j’avais laissée à Kimayala« .

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Ayant perdu sa maison et toutes ses économies, Discover Mpongo passe la nuit pour le moment dans un hôtel. Pas sûr qu’il ait suffisamment assez pour tenir plus d’une semaine. Ses enfants sont présentement privés d’école. Ils trouvent refuge chez leur grand-mère, elle-même pas si bien lotie. Comme dans un film qu’il n’a pourtant pas écrit, Discover réalise le drame de sa vie.

Lévi BONKONO.