Editorial de KILEBA: La faiblesse des forts 

Editorial de KILEBA: La faiblesse des forts 

Quand Fortunat Biselele dit Bifort, conseiller privé du chef de l’Etat qui faisait beaucoup parler de lui pas souvent en bien-, se retrouve à la prison centrale de Makala, cela n’a rien de banal. Surtout que dans les mêmes circonstances de lieu et de temps un autre homme qui n’a pas la réputation d’être un homme intègre, Azarias Ruberwa, pour ne pas citer, fait aussi parler de lui; cela peut mériter de lire des signes. L’un et l’autre n’assumaient pas; certes, les mêmes fonctions, mais personne ne parierait sur la divergence de leurs différents rôles ces dix dernières années.

Ils ont en commun la pratique de la génuflexion pro- Kigali et pro Kagame. En même temps que se renforçait la suspicion contre Bifort, naissait aussi le tourment de Ruberwa cité dans une affaire de financement de groupe armé tutsi appelé «banyamulenge».

Il a maladroitement démenti l’information mais n’a pas eu le courage de signer de sa propre main un démenti laissé à la responsabilité irresponsable d’une « cellule de communication du vice-président honoraire», avant de vider le lieu pour aller se mettre à l’abri de ce que lui-même craint.
De s’être encombré des personnages aussi lugubres interroge sur celui qui les a rassemblés, Félix Tshisekedi lui-même.

Lire aussi: Politique-RDC: Vaudeville final à l’UDPS

Comment le chef de l’Etat choisit-il ses collaborateurs pour qu’au finish il se soit si mal entouré qu’il faille s’en débarrasser après d’énormes dégâts. Si le prince peut avoir tous les pouvoirs, même celui de changer un morceau de bois en crocodile ou de laver plus blanc que neige, il n’est pas encore prouvé, s’agissant des hommes dont la fourberie est devenue consubstantielle à leur nature, qu’ils peuvent subir une metanoïa du fait des avantages et facilités.

Elites, s’ils le sont, de prostration, ces personnages ont la seule force de s’incruster dans le système mais ont la plus grande faiblesse de secréter une nouvelle nature  d’eux pour se convertir. Tout comme les princes ont eux aussi la faiblesse de se croire invulnérables en position de pouvoir alors que l’histoire enseigne tout le contraire à travers les âges.

Lire aussi: Editorial de KILEBA POK-A-MES : La nudité des grands

Biselele a-t-il l’âme forte de trahir ou son maître avait plutôt la faiblesse de se croire impénétrable au corps à corps? Il n’est point ici question de faire le procès des individus mais d’évaluer un système et les méthodes de recrutement par à coup, sans cadrage ni civique, ni idéologique, ni même philosophique préalable.