Editorial de KILEBA POK-A-MES : Katumbi, le prétexte parfait de l’élection déjà gagnée

Editorial de KILEBA POK-A-MES : Katumbi, le prétexte parfait de l’élection déjà gagnée
Sur le modèle du parti-Etat qui en théorie, rassemble tout le monde, les foetus compris, ou le modèle du parti-malette ou de l’   homme-parti, qui ne comprend que son fondateur et sa femme (si le ménage n’est pas encore disloqué), Moïse Katumbi a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2023.
Son parti, Ensemble pour la République, constellation de plusieurs partis pêchés à la tirelire, n’avait plus de choix que  d’avaliser l’ambition de son boss, « le chairman », lors d’un congrès ad hoc à Lubumbashi.
 C’est ce que l’on appelle en sociologie politique, le candidat naturel, tellement la nature et tous les éléments du cosmos brillent pour lui. Il n’en serait autrement.

De le dire ne relève que du simple constat et n’enlève en rien le mérite de cet ancien gouverneur du Katanga sous Joseph Kabila, et qui avait pris le courage de s’en éloigner à un moment crucial de la survie du régime.
Aujourd’hui encore, le timing de l’annonce de sa candidature, avec un harcèlement judiciaire à la clé contre sa personne, fait de lui le candidat-victime idéal.
Même si en interne, Ensemble pour la République fait mine de laisser la démocratie s’exprimer, le stratagème ne trompe personne. La candidature du clownesque député Daniel Safu qui hallucine de prendre le contre-pied du « candidat naturel », ne vient que parfaire la comédie ou assaisonner la salade – c’est selon- et a pour effet de faire rire les oiseaux des tropiques trop tristes et trop inquiets de subir la chasse des affamés tropicaux de la RDC.

Pour qui analyse et scrute les faits politiques en RDC, par sa candidature, Moïse Katumbi est désormais le meilleur allié objectif mais inconscient, de la victoire de Tshisekedi en ce qu’il lui permet juste de surfer sur la dispersion des voix des oppositions pour entériner des résultats écrits d’avance et à la fabrication desquels il aura déjà placé les hommes pour leur avènement.

Stratégiquement, l’adversité de Katumbi qui aurait du être pugnace contre ses anciens alliés de Lamuka par exemple, sera dirigée contre Félix Tshisekedi qui aura le mérite de fragmenter les appuis populaires de l’opposition en sa faveur. Un vrai argument pour faire passer tout, par pertes et profits, y compris l’innommable.