Est-RDC: Le massacre de Kishishe comme à Makobola

Horreur fin novembre dernier à Kishishe, village situé à 3 KM du chef-lieu du groupement Bambo, chefferie de Bwito, territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Des témoins pour la plupart rescapés accusent les rebelles du M23 d’avoir massacré une centaine de civils. Une boucherie humaine qui rappelle la saga Makobola, en territoire de Fizi (Sud-Kivu). Cette fois-là, les rebelles du RCD/Goma, soutenus par le même Kigali, ont tué plus de 800 civils pendant leur avancée vers Kinshasa.

A Kishisi, même si le nombre de victimes est moins que celui de Makobola, l’acte du M23 est compris comme un sabotage des discussions de Nairobi III. « C’est clair que ces rebelles ont non seulement craché sur les pourparlers de Nairobi mais également prouvé leur refus au processus de paix enclenché au niveau de la région », a fait savoir un expert en relations internationale sur une radio de la place. Celui propose que les forces régionales de l’AEC passent à l’action pour freiner les élans hégémoniques de cette rébellion pro-rwandaise.

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Avec les massacres de Kishishe, le M23 a donné un signal fort à la communauté internationale qui semble ne pas jouer franc jeu dans ce conflit. Après les tueries de Kishishe, la même communauté internationale n’a fait que condamner et déplorer l’acte posé sans prendre, comme d’habitude, de grandes résolutions pour faire douter les rebelles du M23. La MONUSCO a, sur son compte twitter, dénoncé jeudi 1er décembre, « des actes épouvantables et appelle les autorités compétentes à enquêter sans délai et à traduire les auteurs en justice ».

Et, l’Union européenne (UE) a appelé au respect du droit international humanitaire, après les massacres de Kishishe. Pour l’ambassadeur de l’UE en RDC, Jean-Marc Châtaignier, le drame qui s’est produit dans ce coin isole du territoire de Rutshuru s’apparente à un crime de de guerre. Ce diplomate de la controversée Union européenne a une fois de plus appelé à l’arrêt immédiat des hostilités et au respect du droit international humanitaire.

Et rien de plus à part le fait de dénoncer. Cela prouve que les Congolais doivent arrêter de rêver et prendre en mains le destin de leur pays. « Ça ne sert absolument a rien ne continuer d’attendre les solutions à nos problèmes auprès des Occidentaux qui, en réalité, sont des commanditaires de la crise que nous vivons dans l’Est de la RDC », a affirmé un journaliste kinois sur l’émission « Parole aux auditeurs » de Radio Okapi.

Des femmes du Nord-Kivu au créneau

Des femmes du Nord-Kivu, issues de toutes les communautés de cette province, élèvent leur voix pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « génocide » des populations congolaises à Kishishe dans le territoire de Rutshuru. Dans une déclaration faite lundi 5 décembre à Kinshasa devant la presse, elles réclament justice pour toutes ces personnes, parmi lesquels les enfants, massacrées sans motif. C’est dans ce contexte que les femmes du Nord-Kivu exigent la création d’un tribunal spécial internationale pour la RDC, afin de juger les auteurs de tous les crimes et autres violations des droits de l’homme commis sur le sol congolais.

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Ces femmes nord-kivutiennes réclament en outre « des sanctions contre les Etats pourvoyeurs des groupes armés dans la région des grands Lacs. De leur côté, les organisations de défense des droits de l’homme de la RDC ont demandé, dans une déclaration commune samedi 3 décembre à Kinshasa, à la Cour pénale internationale (CPI) d’ouvrir les enquêtes sur les massacres des civils à Kishishe et Kisharo, deux localités du territoire de Rutshuru au Nord-Kivu. Un jour avant, Denis Mukwege, prix Nobel de la paix, s’est aussi indigné face à ce massacre.

 La MONUSCO exige une enquête. Pour sa part, le gouvernement entend diligenter une enquête nationale sur ces crimes et va travailler pour qu’au niveau international également, une enquête soit lancée. Pour rappel, parmi les victimes des tueries de Kishishe figurent des enfants qui avaient trouvé refuge dans une église avec leurs parents. Au moins 60 autres personnes, cachées dans cette église, ont été tuées, affirme un notable de cette localité. Ce carnage s’est produit pendant que le gouvernement congolais discutait avec les groupes armes à Nairobi, au Kenya.

 

LISH MAYANDA.