RDC: A Mont-Ngafula, les habitants de Matadi Mayo vivent le calvaire depuis la pluie diluvienne du 13 décembre

RDC: A Mont-Ngafula, les habitants de Matadi Mayo vivent le calvaire depuis la pluie diluvienne du 13 décembre

Au quartier Matadi Mayo, c’est la ruine. Les visiteurs sont accueillis par un climat fantomatique qui les laisse pétrifiés devant d’énormes désastres qu’a connu le quartier. Certaines maisons sont écroulées. D’autres sont restées perchées, mais abandonnées par leurs propriétaires qui ont trouvé refuge chez des voisins. « Ici, se trouvait une maison. Elle a été emportée par l’érosion. Une mère et ses deux enfants ont perdu la vie. La vie est devenue très difficile d’ici. Comme ceux-là qui ont abandonné leurs maisons, je les ai accueillis chez moi. Mais ma maison est trop petite, nous ne savons pas y loger tous« , explique Papa Toussaint, père de famille. « Ils n’ont mis à l’abri que quelques objets de valeur. mais eux-mêmes passent la nuit à la belle étoile depuis cette pluie« , poursuit papa Toussaint qui chasse au passage une larme en coin.

La vie est devenue très chère à Matadi Mayo. les habitants ont vu les prix des aliments de première nécessité prendre la hausse depuis la coupure d’électricité et d’eau au robinet causée par la pluie.

« Le pain qui s’achetait à 500 fc se vend actuellement à 700 fc. Le prix de la farine de manioc et de l’huile, n’en parlons même pas. Malgré la situation des nos routes, nous faisons de notre mieux pour nous rendre au grand marché là où les choses se vendent à bas prix« , se plaint dame Brigitte, mère de 5 enfants.

A part le RN1 coupée en deux, à Matadi Mayo, plusieurs ruelles sont dans un état de destruction très avancée et empêchent ainsi la libre circulation des habitants. « Nous nous sentons comme coupés du monde. Depuis la pluie de mardi et de mercredi (ndlr 13 et 14 décembre), nos routes sont devenues impraticables aussi bien pour les piétons que pour les véhicules. Nous faisons de longues distances à pied pour arriver au marché. Déjà que nous avons perdu beaucoup de nos biens, nous n’avons plus pour le moment d’économie importante pour nous faire plaisir de prendre des motos« , explique un habitant.

Avec la fréquence répétée des pluies, les habitants de Matadi Mayo vivent la peur au ventre et craignent de revivre le cauchemar du mardi 13 décembre.

Les jeunes du quartier se sont mobilisés pour réparer les rues détruites et minimiser ainsi les risques des dégâts que peuvent causer les prochaines pluies. « Nous faisons de notre mieux pour nous mettre un peu en sécurité et nous permettre de circuler. Cette route est très importante pour nous. Elle amène jusqu’à l’entrée de Kimwenza. Nous nous sommes réunis parce que nous avons constaté une forme de lenteur de la part des autorités à résoudre ce problème« , déclare Reagan, un brin agacé avant d’ajouter : « ces travaux, nous nous les faisons de manière cantonnière, juste pour essayer de se sauver ce qui peut l’être avant que l’état arrive. Mais c’est de la responsabilité de l’Etat. Et donc nous demandons au gouvernement de prendre à main ses responsabilités« .

La pluie du 13 décembre à Kinshasa a fait plus de 120 morts et causé d’énormes dégâta matériels dont la coupure en deux de la nationale numéro 1 au quartier Matadi-Kibala.

Lévi BONKONO.