RDC-Economie: Suppression d’une dizaine de taxes à l’import-export étale l’escroquerie de l’Etat

RDC-Economie: Suppression d’une dizaine de taxes à l’import-export étale l’escroquerie de l’Etat

“Trop d’impôts tuent l’impôt” ? Le gouvernement congolais a enfin compris cette maxime de l’économiste américain Arthur Laffer. Sur proposition du ministre du Commerce extérieur, Jean-Lucien Busa, lors du Conseil des ministres du vendredi 8 juillet, le gouvernement Sama Lukonde a réduit son assiette fiscale de 67 à 33 taxes.

Le ministre du Commerce extérieur a fait cette proposition après avoir examiné la liste de 67 prélèvements présentée par la Fédération des entreprises du Congo qu’elle qualifie d’arbitraires. Le même jour, le gouvernement a également décidé de revoir à la baisse le taux de 20 prélèvements et de maintenir intactes 33 taxes.

Dans un entretien accordé aux médias, Jean-Lucien Busa a expliqué que sa démarche vise entre autres, à assainir le climat des affaires à travers le pays.

Jean-Lucien Busa ministre de commerce extérieure du gouvernement Sama Lukonde
« photo droits tiers »

Pour Busa, l’assiette fiscale de la RDC est écrasante: “La motivation première est celle de notre économie compétitive. Notre fiscalité est écrasante. Lorsqu’on compare le poids de la fiscalité dans notre pays par rapport aux pays avec lesquels on commerce plus, le poids de la fiscalité en RDC est très élevé. Et le président de la République comme le Premier ministre nous ont engagés dans la voie de la réforme en créant un climat d’affaires favorable à l’investissement”.

A travers cette mesure, indique Busa, le gouvernement congolais se propose également d’attirer les investisseurs étrangers et faciliter la tâche aux opérateurs économiques congolais. “Une autre motivation est l’attractivité des investissements. C’est le secteur privé qui développe le pays. Nous avons les investisseurs locaux, nous avons ceux qui viennent d’ailleurs. S’ils trouvent un climat d’affaires favorable, ils vont mettre de plus en plus d’argent et ils vont nous permettre de diversifier notre économie. Mais aussi, lorsque la fiscalité a un poids réduit, il y a un lien entre le pouvoir fiscal et le pouvoir d’achat des citoyens. Et donc si la fiscalité est écrasante, l’opérateur économique a une tâche très facile, il reporte le coût de la fiscalité sur le coût des biens et services sur le marché. En définitive ce n’est pas lui qui paie, c’est le consommateur final qui paie”, a-t-il fait savoir.

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Pendant que nombreux saluent cette décision de réduction de taxes, d’autres estiment que cette mesure est venue étaler au grand jour l’escroquerie de l’Etat qui, pendant des années, n’a pas pensé à l’assainissement du climat des affaires. La conséquence est que la plupart d’investisseurs ont préféré aller ailleurs, créant ainsi le chômage au pays.

Recommandation du CEPAS.

Entre-temps, le Centre d’études pour l’action sociale et les organisations de la société civile recommandent au gouvernement de revoir à la hausse, de juillet à décembre 2022, l’exécution des travaux d’investissement qui touchent directement les Congolais, tout en réduisant l’exécution des dépenses de fonctionnement et de rémunération.

C’est le consultant au CEPAS,  Jacques Kashelewa,  qui a fait cette recommandation lors de la cérémonie de présentation des résultats du rapport d’analyse de l’exécution du budget de l’État à mi-parcours.

Cet acteur de la société civile qui salue les efforts des régies financières, invite le gouvernement à limiter les ordonnancements des dépenses en procédure d’urgence. Il a expliqué que  cette analyse à mi-parcours entend permettre aux acteurs étatiques et non-étatiques de déceler les incohérences pendant l’exécution des cinq premiers mois.

Et de permettre à faire des recommandations pour que le gouvernement puisse améliorer le reste du temps de l’exécution du budget 2022. Jacques Kashelewa dit avoir noté le non-respect des institutions du pays dans l’exécution de leur budget annuel: “On reproche au gouvernement congolais l’indiscipline budgétaire. Le Parlement fixe les limites des crédits provisoires alloués à chaque institution et ministères. Mais, dans la pratique, dans l’exécution, nous nous rendons compte qu’il y a des institutions et des ministères qui consomment au-delà des crédits que le Parlement leur a accordés. Au sein même de leurs crédits, il y a des rubriques fourre-tout, comme les interventions économiques, des rubriques qui prennent le dessus dans l’exécution de leur budget, et cela empiète les autres services de bénéficier de crédit pour bien faire leur travail. On reproche encore au gouvernement le non-respect de la chaîne de dépenses”.

LISH MAYANDA.