RDC-Hydrocarbures: En campagne contre les appels d’offres des blocs pétroliers et gaziers congolais, les activistes de l’environnement font pression sur les multinationales

RDC-Hydrocarbures: En campagne contre les appels d’offres des blocs pétroliers et gaziers congolais, les activistes de l’environnement font pression sur les multinationales

C’est une nouvelle guerre déclarée à la RDC depuis le lancement des appels d’offres de 27 blocs pétroliers, notamment les deux blocs restitués par l’homme d’affaires israélien, Dan Gertler et trois blocs gaziers.

Blocs pétroliers
« Photo droits tiers »

Les blocs sont évalués à environ 22 milliards de barils de pétrole brut et à 66 milliards de Normo mètres cubes (Nm3) de gaz méthane dissous dans les eaux du lac Kivu.

La prochaine session parlementaire de septembre, essentiellement budgétaire, va obliger les députés à explorer toutes les ressources afin de maximiser les recettes de l’Etat.

La majoration de l’or noir à l’échiquier international fait espérer au gouvernement congolais de tirer largement bénéfice de cette situation créée par la guerre en Ukraine.

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La RDC qui compte parmi les 4 pays désignés pour absorber le gaz carbonique des pays pollueurs, ne perçoit rien en contrepartie, en dépit des promesses mirobolantes de différents sommets à travers le monde.

Pourtant depuis les appels d’offres des blocs pétroliers, les organisations de défense de l’environnement sont montés au créneau. Greenpeace, notamment, a réactivé ses branches locales pour faire échec aux appels d’offres du gouvernement congolais.

Les opposants à ce projet d’exploitation estiment qu’il aurait des conséquences catastrophiques sur les communautés riveraines de ces blocs pétroliers, la biodiversité et le climat mondial parce qu’il touche notamment un complexe riche en tourbières dans la zone de la Cuvette centrale.

Les 27 blocs pétroliers concernés sur 30 initialement sélectionnés, sont répartis de la manière suivante sur plusieurs coins du pays : trois dans le bassin côtier, neuf dans la Cuvette centrale, onze dans le Graben du Tanganyika et quatre dans le Graben Albertine.

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Les trois blocs gaziers sont situés dans le lac Kivu.

En février dernier, l’État congolais a conclu un accord à l’amiable avec le sulfureux homme d’affaires, Dan Gertler qui détenait des droits sur les blocs 1 et 2 dans le Graben Albertine pour une valeur de 2 milliards de dollars.

En avril, le gouvernement congolais a levé l’option de la mise aux enchères des blocs pétroliers, dont au moins neuf situés dans l’écosystème sensible de la Cuvette centrale.

Greenpeace, soutenu par des mouvements climatiques locaux, se mobilise pour empêcher les multinationales du secteur du pétrole et du gaz de souscrire à ces appels d’offre.

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Mais la RDC reste déterminée à poursuivre l’initiative. Déjà, apprend-t-on, il y a bousculade au portillon.

Mais Greenpeace entend maintenir la pression sur le président de la République et le gouvernement congolais jusqu’à ce qu’ils renoncent à l’exploitation des ces blocs pétroliers dont la majorité sont dans les tourbières et les aires protégées.

« Nous continuons à persister par rapport à notre demande d’annulation de ces 30 blocs pétroliers parce que nous avons donné toutes les raisons pour lesquelles ces blocs doivent être annulés.

Il y a des blocs qui sont dans les aires protégées,  il y a des blocs qui chevauchent avec les tourbières, il y a des blocs qui sont dans les espaces où les communautés locales font leurs activités.

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Notre demande reste, même si aujourd’hui nous assistons à cette cérémonie. Nous savons que notre demande a, en quelque sorte, été entendue.

On en parle parce que Greenpeace a essayé de pousser pour que cela ne puisse pas arriver mais le combat va continuer.

Il y n’a pas à se plaindre là dessus. Pour nous, nous allons continuer à pousser », a expliqué le compatriote Patient Mwamba, chargé de campagne forêt chez Greenpeace Afrique.

Comme solution de rechange, les mouvements climatiques proposent au gouvernement congolais de chercher plutôt les investisseurs dans les énergies renouvelables que les énergies fossiles.

Ils soutiennent que « les alternatives existent. Le pays n’a pas commencé à exploiter que le pétrole. Toutes les ressources dont la RDC dispose à ce jour, on ne sait pas pourquoi on ne se développe pas ».

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Ces mêmes mouvements pensent aussi que les efforts que le gouvernement est en train de mener pour commencer cette exploitation pétrolière pouvaient être menés dans le sens de rechercher les investisseurs qui peuvent investir dans le domaine des énergies renouvelables.

« C’est des solutions qui coûtent 5, 10 fois moins chères que ce que le gouvernement veut promouvoir à ce jour », objectent-ils.

Avant la cérémonie du lancement officiel d’appels d’offre pour la vente aux enchères des 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers par le président de la République devant les représentants des pays membres de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole, OPEP, Greenpeace Afrique avait déposé à la présidence de la République une pétition de plus de 100.000 signatures pour demander au Chef de l’État de ne pas lancer les appels d’offres.

Félix Tshisekedi a zappé la démarche et n’entend pas reculer. Du moins, jusqu’ici.

Emma MUNTU